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Billy Ze Kick : “Le tube de l’été, le scandale de l’automne”

Gros carton pour Billy Ze Kick lundi 9 mars au Fury défendu à Rouen. Billy Ze Kick jouait sans les gamins en folie mais dans une folie totale. Un concert mémorable avec une chanteuse adorable.

Bonjour Nathalie. Vous êtes bien la chanteuse de Billy Ze Kick ?

C’est mon pseudonyme. Nath, alias Billy Ze Kick.

A l’époque, vous étiez nombreux, dans les années 80 ?

Il y avait les gamins en folie. Billy Ze Kick et les gamins en folie. Mais là, je suis en solo.

Qu’est-ce qui t’est passé par la tête pour refaire une tournée en 2025 alors que tu n’as pas sorti d’album depuis dix ans ?

Depuis dix ans, effectivement. J’ai décidé de tourner plutôt que d’écrire des chansons. Et de gérer les concerts à ma manière avec mon petit sampler old school. Tous les membres du groupe avec qui je bossais sont partis faire leur petit bout de chemin. Par exemple, la dernière fois que j’ai vu la personne qui s’occupait du sampler il me l’a mis dans les mains et il a dit, maintenant, c’est à ton tour de gérer. Je me suis dit, OK, je vais le faire

J’ai lu quelque part qu’il y en avait un qui était à la mairie de Rennes ?

Monsieur Bing ! Il est parti un peu dans la politique à la mairie de Rennes. Il s’occupe de la culture. Très bien.

T’as toujours fait que ça de la musique ?

Est-ce que j’ai toujours fait ça ? Non, à un moment, j’ai travaillé pour l’Institut Japonais de la Santé et puis j’ai élevé ma fille aussi. C’est pour ça qu’il y a eu un moment, il y a eu 10 années, durant lesquels on faisait des concerts, mais c’était pas vraiment assidu, un peu entre guillemets.

« Bien sûr que je l’assume »

Vous vous êtes fait connaître à travers un morceau qui s’appelle “Mangez-moi”. Est-ce que tu l’assumes toujours, ce morceau ?

Bien sûr que je l’assume.

En septembre, c’est la saison des champignons ?

Exactement, septembre. Tout l’automne. Ça a été le tube de l’été, puis le scandale de l’automne.

Tu vas toujours chercher des champignons ?

Non, plus maintenant. Maintenant, je suis devenue un champignon, donc j’ai plus besoin d’aller chercher.

« Des grands zygomatiques »

J’ai vu que vous êtes venue avec le décor, des champignons justement ?

On a un décor, des amanites tue-mouche C’est un peu plus dangereux. Maintenant, comme j’ai mûri, je me souviens de toutes ces plantes qui étaient comme des plantes sacrées. J’en ai marre qu’on fasse la diffamation par rapport à ça. Que les gens soient inconscients et excessifs, c’est leur histoire. Mais les plantes, il faut leur lâcher les basques un peu.

Moi-même, j’en ai pris. Je connais des gens qui en ont pris. Ça fait des dégâts, on ne peut pas dire que ça ne fait pas des dégâts. Ça tape la tête

Les seuls dégâts que ça m’a fait, ça a été de me faire beaucoup rire. Voilà la seule chose que ça m’a fait. Ça m’a fait des grands zygomatiques. Après, si t’en prends excessivement, t’es responsable. On est des êtres responsables, des humains. Il faut arrêter de toujours se lâcher sur les autres, sur les plantes, sur le président. Il est temps d’assumer notre souveraineté individuelle et de gérer notre propre royaume d’abord. Avant de commencer à accuser ces plantes.

« Les problèmes de dépression nerveuse »

Il y a aussi des effets thérapeutiques, c’est vrai

Une plante comme le Psilocybe, en micro-dose, résout les problèmes de dépression nerveuse mais le Big Pharma ne va pas s’en servir. Le cannabis, il y a longtemps, c’était un médicament. Pas uniquement le CBD mais comme tu le sais, le Big Pharma, les multinationales, ils ont diffamé cette plante-là pour pouvoir imposer le plastique, la pétrochimie à la place du chanvre. Parce que l’effet du chanvre, c’est 10% de ses possibilités, de ses vertus. Avec du chanvre, on fait des vêtements, des huiles essentielles, de l’huile. Les graines de chanvre, c’est très nourrissant. Il faut arrêter. On est conditionné, on est orienté. C’est un manque d’éducation.

Ces plantes, et notamment le psilocybe, peuvent être très dangeureuse aussi pour l état mental des personnes ?

C’est un manque de responsabilité. Il faut être responsable. Donc, si je prends en excès, il faut que j’apprenne à me modérer.

« OCB, c’était assez underground »

Vous êtes passée à côté de la censure, je crois, à l’époque.

Oui, avec le titre OCB. OCB, c’était assez underground …. ça fait rentrer dans l’underground.

Dis-moi, OCB, c’est pas la boîte à Bolloré ?

Bah ouais, c’est la boîte à Bolloré. On nous en a beaucoup voulu avec ça. Mais bon, à l’époque, j’ignorais un peu qui c’était.

« On était très fan des VRP »

Vous étiez un peu jeune. On était un peu insouciants. J’allais dire sans cervelle…..

Non, pas sans cervelle. A l’époque, on écoutait les VRP. On était très fan des VRP, Voyageurs Représentants Placés. On disait, qu’est-ce qu’on aurait eu, nous, comme sigle, pour nous représenter. C’était OCB, parce que c’étaient des très bonnes feuilles. Des feuilles très très fines. (NDR : La marque de papier à rouler sigle de Odet-Cascadec-Bolloré, appartenait à Vincent Bolloré jusqu’en 2000. Elle a été vendue à Republic Tobacco. Billy Ze Kick l’avait transformé en “Occis Carton Blindé” )

Devenir militant

Vous ne connaissiez même pas Bolloré à l’époque ?

Si, mais bon, ce n’était pas notre souci. La politique n’était pas notre souci encore. Mais bon, après, on a commencé un peu plus à s’y intéresser, à devenir un peu plus militant.

Donc tu le chantes toujours, OCB ?

Mais bien sûr, les gens deviennent fous avec OCB. Et du coup, tu fais des… Est-ce qu’il y a besoin des précautions ? Tu dis un peu, peut-être, des opinions politiques par rapport à ça ? Je parle un petit peu, ouais. Je dis ce que j’ai à dire, sur certaines vérités, sur certaines manières de conditionner les gens, et tout ça.

« Bolloré, c’en est un parmi des milliers d’autres »

Bon, Bolloré, c’en est un parmi des milliers d’autres qui nous orientent vers leurs propres agendas. C’en est un parmi d’autres. Nous, on a surfé sur la vague un peu de la rave et des instruments un petit peu électro. Alors c’est super, les… les instruments, bien sûr, c’est chouette, mais c’est beaucoup plus compliqué en groupe parce qu’il faut gérer les instruments, le son et les humeurs de chacun.

« Moi, je suis autonome »

Là, c’est plus facile, en plus, vous êtes deux. Toi et ton manager ou ton assistant, je sais pas.

Yes, voilà, voilà, tu viens, on vient, on parle, et puis les gens peuvent nous investir. Et les organisateurs, tu vois, ils ne sont plus prêts à embaucher cinq personnes pour faire des concerts, maintenant, parce que ça coûte très, très cher. L’économie du concert, c’est un vrai sujet. Moi, je suis autonome, je suis indépendante, je m’amuse, en plus, j’aime bien manipuler mon petit sampler, voilà, moi, je suis très old school, manipuler mon petit sampler, voilà, j’ai mes petits trucs, je les envoie, je chante, j’assume, et voilà, je suis responsable de mon travail, et c’est cool, c’est une autre expérience. C’était cool avec les Gamin en folies, c’est cool en solo aussi. Je m’amuse, voilà. Merci.

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Avatar de Patrick Auffret

Journaliste à Radio France Caen, Patrick Auffret a travaillé de nombreuses années dans la presse écrite tout en se passionnant pour la photographie de concert. Son premier roman “Drugs party in the 80's”, sorti en 2024 a été réédité en fin 2025.