“Woke”, la nouvelle création de Virginie Despentes est théâtrale et défonce tout sur son passage. Retour sur un signe des temps, le wokisme.

Après la littérature, le cinéma, les lectures et les tribunes assassines, Virginie Despentes, égérie moderne de la contre-culture, vient de franchir un nouveau cap avec « Woke », fresque théâtrale et dansée particulièrement réussie autour donc de ce nouvel art de vivre ensemble. Elle s’attache cette fois à la mise en scène, non sans avoir auparavant écrit les textes avec Julien, Delmaire, Anne Paulky et Paul B. Preciado.
Du théâtre subventionné
Confortablement installé dans le nouveau et ultra subventionné Théâtre Public de Montreuil, on est vite mis dans l’ambiance. Sans le subventionnement, le prix du billet reviendrait à 95 euros mais ça c’est sans compter l’engouement populaire. Une petite dizaine de représentations de cette pièce créée au Théâtre du Nord à Lille en 2023 a eu lieu à l’automne dans la très belle salle, presque un auditorium, de l’édifice et toutes les places se sont arrachées en moins de 24 heures.

Une file d’attente chaque soir
Du jamais vu dans ce bâtiment érigé face à la mairie de Montreuil, une ville toujours bien Rouge de la petite couronne. D’ailleurs, chaque soir, plusieurs dizaines de spectateurs attendent dans l’espoir d’obtenir un précieux sésame. A savoir un ticket d’entrée. A chaque fois, “Woke” est donc joué triomphalement à guichets fermés !
Deux expos
Comme décidément ici on fait les choses bien, deux expos permettent de patienter avant l’ouverture des portes. Et quelles expos ! On ne peut qu’être que capté par les pisseuses flashy de Maïc Baxane tout comme les majestueuses représentations des grands chanteurs/chanteuses populaire du XXème siècle de La Rata. Une belle mise en bouche, si on peut parler comme ça et que le spectacle commence !
Quatre sur scène
Sur scène, ils sont quatre, autour d’un bureau, pris par le démon de la création à huit mains. Tous sont écrivains, mais plutôt solitaires. Et pas forcément, ben non, dans la norme. Ici, le LGBTQ+, racisé en plus, on n’a pas fait qu’en attendre parler, on le vit au quotidien. Et on se l’envoie dans la gueule à grands coups de punchlines qui font mouche.

Ponctué de de multiples passages sonores qui permettent de relâcher la tension, “Woke” capte son auditeur durant plus de deux heures entre art dramatique, cabaret, rap et danse contemporaine.
Du grand art qui a déjà une suite, “Romancero Queer”. Et sans doute bientôt un troisième volet car le projet est conçu comme un triptyque.























