Comédie musicale hallucinée, « Le testament d’Ann Lee » raconte le chemin de croix d’une évangéliste, de Manchester à New-York. La petite maison dans la prairie en prend un sacré coup.

Prêtresse véritablement possédée, Ann Lee est une véritable sorcière. Elle a, au milieu du XVIIIe, fondé sa propre église, une secte austère basée sur l’abstinence. Il faut le dire, la jeune femme, magistralement interprétée par Amada Seyfried, remarquée dans une autre comédie musicale, « Mamma Mia ! », a joué de malchance. Profondément pieuse, elle s’est retrouvée mariée, par amour, à un forgeron un peu rustre mais efficace. Quatre enfants naîtront de cette union, tous les quatre décéderont dans leur première année. De quoi remettre en cause certaines de ses convictions.
Direction les U.S.A.
Alors Ann Lee, possédée par des visions, décide de n’en faire qu’à sa tête et fonde son propre courant en marge de l’église anglicane. Elle réunit rapidement une poignée d’allumés et tout se petit monde embarque dans des conditions abracabrantesques pour New-York, la conquête de nouveaux territoires à évangéliser. Là, c’est certain, Ann Lee trouvera de nouveaux adeptes pour sa communauté, les Shakers. Quelques transes plus tard, elle est forcément dans le collimateur des autorités, bientôt condamnée pour hérésie sans pour autant perdre des croyances chevillées à son corps.
2 h 15 hallucinée
Durant 2 h 15, le specteur vibre avec passion au son d’une bande musicale flamboyante prétexte à de nombreuses prières gestuelles d’un nouveau genre. Mais Dieu leur a visiblement donné la foi. Et la petite colonie parviendra à s’implanter dans un champ et à construire son propre lieu de culte. Réalisé par l’actrice et cinéaste norvégienne Mona Fastvold, cette adaptation sublimée, surtout par la présence magnétique d’Amada Seyfried, d’une histoire vraie, touche au but et envoute à son tour par la grâce d’une mise en scène splendide comparable à autant de tableaux de Caravage ou de Vermeer. Du grand art.
Note ! 9 /10
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