Refaire, à l’occasion des 80 ans de l’ouverture du Procès de Nuremberg, un film sur cet événement marquant de l’après-guerre, le procès du siècle même pour certains, a-t-il du sens ?

Oui assurément lorsque l’on voit dans quelle panade le monde actuel se débat tant bien que mal.Retour en 1945. Les alliés, y compris les Russes, ont gagné et il est temps de faire un premier bilan sur les crimes de guerre commis par Adolf Hitler et ses hommes de main. Le Führer s’étant a priori suicidé, il revient à Hermann Göring (Russell Crowe à l’écran) de représenter les nazis et leur idéologie.
L’Amérique face aux nazis
Le procès de Nuremberg porte en lui des enjeux qui le dépassent. Il s’agit de ne pas se louper et surtout de ne pas transformer cette tribune en un nouvel réquisitoire nazi.
Pour éviter une nouvelle manipulation, le procureur américain en charge de l’instruction des dossiers pourra compter sur l’appui de Douglas Kelley, un jeune psychiatre chargé d’étudié la charge mentale des accusés. Pourtant, malgré la force aussi insupportable qu’inhumaine des images d’archives, de nombreux charniers, tournées dans les très nombreux les camps de travail allemands, le soldat du III Reich resteront droit dans leurs bottes. Qu’en pensera le tribunal ? La fin est certes connue mais il est bon de la rappeler.
Au plus près de l’humain
Au final, reste un drame historique implacable, mis en scène avec virtuosité par James Vanderbilt, connu pour sa participation aux dernières franchises de “Scream”, de 5 à 7. Ici, il renouvelle avec brio le film de procès, toujours un peu rébarbatif dans les salles d’audience en sortant beaucoup du tribunal pour aller au plus près de l’humain.
Bref, ce film devrait être inscrit dans les programmes scolaires afin de redonner aux humains un peu de sens car aujourd’hui, de la Palestine à l’Ukraine, rien ne semble avoir vraiment changer. Les crimes de guerre et les massacres sont toujours à l’ordre. Quant à l’antisémitisme, il semble lui aussi toujours bien présent.


