Le troisième film de Leyla Bouzid, « A voix basse », aborde avec pudeur un sujet encore tabou en Tunisie, l’homosexualité, masculine mais aussi féminine.

Le film réalisé et écrit par Leyla Bouzid montre bien la fracture entre la France et la Tunisie. A travers les yeux d’Eya Bouteraa, Lila dans le film, la réalisatrice aborde un sujet délicat, l’homosexualité féminine, tout en passant au scalpel les moeurs de la Tunisie d’aujourd’hui.
Trois générations de femmes
Lilia est de retour à Sousse, en Tunisie, pour assister aux funérailles de son oncle retrouvé mort nu dans une rue. Elle va se confronter à sa mère et sa grand-mère. Trois générations de femmes vont alors cohabiter, chacune avec ses convictions. Mais Lilia n’ai pas là pour s’en laisser compter, elle est même venue avec, ô scandale, sa petite amie dans ses bagages.
Le tabou se croise avec un interdit religieux
Dans une famille qui ne calcule même pas son métier, ingénieure, Lilia va devoir se battre pour affirmer son identité tout en découvrant des secrets bien enterrés. L’ombre de la religion a ici l’effet d’une chappe de plomb. C’est encore plus vrai lorsque l’on apprend que l’oncle Mohamed-Ali était peut-être, lui aussi, homosexuel.
Ici, le tabou se croise avec un interdit religieux, ce qui le rend d’autant plus puissant. Avec son troisième long métrage, Leyla Bouzid poursuit son exploration de la jeunesse tunisienne dans un pays où les normes culturelles, familiales et religieuses sont encore bien cadenassées.
La beauté trouble d’Eya Bouteraa
Durant 1h 53, la metteuse en scène embarque avec elle le spectateur par la grâce de très beaux gros plans filmés avec audace tout en restant extrêmement pudique. La beauté trouble d’Eya Bouteraa illumine par ailleurs le film.
Déjà présenté dans plusieurs festivals, dont celui de Berlin, le long-métrage est également porté par une bande originale très forte dans laquelle surnage Yom.
En salles le 22 avril.
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Note : 8/10


