Claire Denis, la réalisatrice de « Trouble every day » et de « Un beau soleil intérieur », revient avec un film ambitieux, « Le Cri des Gardes ».

Adapté de la pièce de Bernard-Marie Koltès, décédé en avril 1989, « Combat de nègres et de chiens », « Le Cri des Gardes » de Claire Denis tire toute force de la qualité d’interprétation d’Isaach De Bankolé et de Matt Dillon, de retour en pleine forme. Son titre fait référence à une citation de Bernard-Marie Koltès en personne. Il a écrit comment la nuit, les gardes, pour ne pas s’endormir, s’appelaient avec des cris très bizarre venus du fond de la gorge.
Un film retrouvaille
L’action se passe en Afrique noire, sur un chantier de travaux publics. On imagine sans mal la difficulté des ouvriers à travailler là-bas. L’un d’entre est mort dans des circonstances troubles. Son frère, Alboury (Isaach de Bankolé, déjà vu dans le film « S’en fout la mort » de Claire Denis), est rentré par effraction sur le chantier. Il veut récupérer le corps mais tous ne l’entendent pas de cette oreille.
Costard cravate
De fait, il arrive de on sait où durant la nuit, en costard cravate, pour demander la dépouille de son frère mais personne sur le chantier ne souhaite aller dans son sens.
Sur place, Horn, le patron, (impressionnant Matt Dillon) attend sa future épouse. Elle vient spécialement d’Europe le soir même pour le rejoindre. Cal, un ingénieur, est également sur derrière les grilles, dans une enceinte réservée aux blancs.
Les incroyables couleurs de la nuit africaine
La musique noire des Tindersticks porte ce beau film ténébreux, soutenu par les incroyables couleurs de la nuit africaine, est porté par. La moiteur de l’Afrique de l’Ouest est également perceptible. Claire Denis touche au but en poussant à son paroxysme les rapports sensuels entre les hommes et une femme, seule. Elle parvient également en imposant l’anglais pour le tournage à sortir des sentiers battus. Pourtant, celui-ci s’est fait au Sénégal, un pays francophone, dans un chantier en bord de la mer alors bloqué par des pêcheurs.
Il y a près de quarante ans, Claire Denis recevait le César du meilleur premier film pour « Chocolat ». Le premier rôle de ce récit autobiographique était tenu par … Isaach De Bankolé. Déjà, le film parlait des rapports de pouvoir entre les blancs et les noirs.
Note 8/10
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