Kim Gordon, la bassiste de Sonic Youth, est de retour avec un troisième splendide intitulé «Play me ». En moins de 30 minutes chrono, elle replonge l’auditeur à la grande époque de la jeunesse sonique mais les instruments ont changé.

Après avoir sorti deux albums très sombres, Kim Gordon retrouve la lumière avec « Play me ». En bonne prêtresse évangéliste, elle a même repris la route. Début avril, Kim Gordon défendait ce troisième album frappé par la beauté du diable sur scène à Paris. La psychiatre du film de Kristen Steward « The Chonology of Water » revient ici à ses amours musicaux pour notre plus grand plaisir. Elle donne le ton dès le morceau titre « Play me » : Kim veut jouer avec nous.
La suite est excellente, avec quelques véritables perles soniques telles ce « Girl With A Look », sublime.
Ce disque, porté par des mélodies organiques façon « Goo » ou « Dirty Machine » de Sonic Youth, est nettement plus accessible que les deux précédents efforts solos « No Home record » et « The Collective ». La voix de Kim se pose sur les lignes musicales (en fait beaucoup de beats répétitifs) avec douceur. Il y a même Dave Grohl, le batteur de Nirvana, pour taper sur les fûts le temps d’un morceau, « Busy Bee ».
Un disque expérimental
Cela n’empêche évidemment pas les expérimentations fixées ici par Justin Raisen et des textes certes engagés mais surtout porté d’humour. Comme si elle a vraiment pris du recul sur l’état du monde, désespérant il est vrai.
Mother Of the Punk
Devenue faute de combattante l’une des dernières « Mother Of The Punk », Kim Gordon rafle la mise sans se forcer. A 70 ans passé, elle a gardé dans sa voix tout l’éclat de ses débuts et a visiblement décidé de s’amuser.
Ce « Play me » force le respect à grand coup d’incantations et spoken -word (elle décline dans « Play me » des noms playlists …). Kim parle plus qu’elle ne chante mais parvient en 30 minutes à peine à véritablement convaincre. « Play Me » aurait bien mérité quelques longueurs supplémentaires. Il fait néanmoins revivre le mouvement no-wave/indus si cher à la ville fétiche de la chanteuse, New-York.


