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Dans la ligne de mire

Recherché par les talibans, Amarkhail Maiwnad a dû fuir son pays. Il a obtenu son statut de réfugié en 2023.

Amarkhail Maiwnad est Afghan. Dans son pays, il tenait une boutique de chicha. Comme nombre de ses compatriotes, il a eu maille à partir avec les talibans depuis leur arrivée au pouvoir le 15 août 2021. Obligé de fuir, Amarkhail est arrivé en France le 1er avril 2022 au terme d’un périple de six mois à travers l’Europe. « J’avais des problèmes de famille  en Afghanistan, indique dans un français très précaire le jeune homme d’une trentaine d’années. Ma sœur a eu des problèmes avec les Talibans. Toute ma famille a dû fuir le pays. Nous avons eu des problèmes … L’Afghanistan c’est fini pour moi.» Certains de ses frères sont partis en Iran.

Le foyer Adoma de Mantes-la-Jolie.

L’Europe ? Un choix

Lui a choisi l’Europe. Selon son récit de vie, sa sœur a épousé un taliban, celle-ci se serait plainte après son mariage sans que la famille ne puisse intervenir. Elle aurait finalement été tuée lors d’une attaque de drones… Et toute sa famille s’est retrouvée en danger. « Avec mon frère, nous avons voyagé à travers la Turquie, la Bulgarie, la Serbie, l’Autriche, l’Italie jusqu’à la France. Le voyage m’a coûté 8 500 euros, j’ai dû prendre un bateau. J’ai beaucoup marché aussi et en Turquie la gendarmerie m’a frappé. » Il porte d’ailleurs au coin de l’œil les stigmates de son passage à tabac par les autorités locales. Arrivé seul à Paris après 6 mois de voyage, il a été orienté vers Mantes-la-Jolie où il apprend le français, fait du sport, travaille « un peu », avec la volonté farouche de s’intégrer le mieux possible.

Amarkhail Maiwnad tenait une boutique de chica. Il a été obligé de fuir les talibans.
Amarkhail Maiwnad tenait une boutique de chica. Il a été obligé de fuir les talibans.

Une boutique de chicha

Dans son pays, il tenait une boutique de chicha. Il sait qu’il ne pourra pas exercer la même profession en France « par manque d’argent » mais assure être prêt à travailler dans les marchés, dans les magasins, dans les dépôts avant peut-être d’acheter un magasin. Il a pu reconstruire sa nouvelle vie à Mantes-la-Jolie, heureux de vivre libre à proximité de Paris, la « big city » et a finalement été régularisé en 2023.

NB : Ce témoignage a été réalisé pour un hebdomadaire de Mantes-la-Jolie au printemps 2023 mais n’avait pu être diffusé.

Patrick Auffret's avatar

Journaliste à Radio France Caen, Patrick Auffret a travaillé de nombreuses années à Publihebdos après un passage à Paris-Normandie tout en menant de front des activités de photographe de concert, notamment pour l'agence Dalle. Il a ensuite gravit tous les échelons jusqu'à devenir rédacteur chef au Courrier de Mantes, dans les Yvelines, puis de se lancer dans l'écriture. Son premier roman “Drugs party in the 80's”, sorti en 2024 a été réédité en 2026.