Trois artistes renommés entremêlent leur œuvres le temps d’une exposition fugace thématisée autour de l’Apocalypse. A ne pas manquer ce week-end à Saint-Aigulin (17°.
Pierre-Ivan Didry, Fabrice Lassort et Laurent Chemin vont se retrouver au fin fond de la Charente-Maritime, au carrefour de quatre département, la Gironde, la Dordogne, la Charente et de Charente-Maritime, à Saint-Aigulin. Ils présentent une exposition singulière mélangeant œuvres modernes et outils traditionnels. « C’est mon atelier, indique Pierre-Ivan Didry. Je suis sculpteur, principalement sur les métaux. Et je travaille le bois aussi. Je vais proposer mes sculptures mais j’ai aussi deux invités, Fabrice Lassort et Laurent Chemin. Ils sont tous les deux photographes. Ce sera dans le cadre de La Tournée (www.latourneedesateliers.com), une association des ateliers d’artistes du Libournais. Je suis à 40 minutes de Libourne mais je fais quand même partie du parcours. »
Pierre-Ivan expose des sculptures principalement mais deux autres artistes seront présents. « Cette année, j’ai décidé de faire un thème autour de l’Apocalypse. J’ai invité deux photographes ayant travaillé sur cette thématique. Fabrice que je connais depuis longtemps et Laurent dont j’aime beaucoup le discours. Il est très fort. »

A l’église Saint-Sulpice à Paris
À voir les œuvres de Fabrice Lassort, l’Apocalypse se décline en couleur bleue et non en feu. Il expose quelques clichés réalisés à l’église Saint-Sulpice à Paris. « J’avais installé 120 appareils sur la façade. Chaque image a eu un temps de pause d’une année. Ce qui a solarisé mes images sur papier photographique pendant la prise de vue. » Le résultat est magnifique. Il se décline en bleu du fait même de la technique utilisée mais Fabrice sait aussi saisir d’autres couleurs. « Mes appareils sont un peu particuliers. Il s’agit de chambres noires avec juste un petit trou. J’ai donc fabriqué mes sténopés, je les ai accrochés sur la façade, j’ai ouvert le petit trou par lequel passe la lumière et l’image est venue s’imprimer dessus. Quand on sort, le négatif de la boite, contrairement au travail photographique habituel, on a déjà une image. Pas besoin du processus habituel d’un laboratoire. »

Une lente désintégration
Cette technique hybride entre l’argentique et le numérique, car ensuite le négatif est scanné pour faire une image numérique, a déjà permis à Fabrice Lassort, de réaliser des œuvres magnifiques à la manière de Man-Ray, version 2025. « J’ai vécu deux ans dans l’église, j’avais mon atelier là-bas dans une crypte. C’est une église de Sulpiciens, la plus grande de Paris. Je suis le seul artiste à avoir travaillé dans cette église sur un thème non-religieux.»
Le thème de l’Apocalypse est évidemment omniprésent dans l’œuvre de Fabrice Lassort. Il devient évident lorsque l’on parle de la lente désintégration de ses œuvres, dévorées pour certaines, par des champignons lors de leur création. Tout cela sans pour autant évoquer, voire convoquer The Cure !
Les trois artistes attendent les visiteurs jusqu’au 5 octobre dans l’atelier de Pierre-Ivan Didry. Lieu-dit Bernier. 17360 Saint-Aigulin. Rens : 06 34 55 20 30.


