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Rouen Métropole. 10 000 euros pour les enfants de Gaza

Les élus de la Métropole ont voté à l‘unanimité une subvention de 10 000 euros pour les enfants de Gaza. Les militants propalestiniens ont manifesté. Explications.

« Les élus de la Métropoles vont délibérer pour une subvention pour les enfants de Gaza, très bien, mais pourquoi l’Unicef et pourquoi maintenant ? » En manifestant sur les quais de Rouen juste avant le conseil de la Métropole, prévu ce lundi 29 septembre à partir de 18 heures, devant le Pavillon de la Transition, lieu habituel du Conseil métropolitain, les associations de soutiens à une Palestine libre appuie là où cela fait mal, tout en donnant l’impression de n’être finalement que des éternels râleurs.

Couper les liens financiers

La situation est bien plus grave que cela, et ne se limite pas à ce simple choix politique, courageux au vu de la situation actuelle à Gaza. « D’autres ONG (Organisation Non Gouvernementale) sont sur place depuis longtemps, dont une instance de l’ONU, indique Polka, un militant bien informé. Là, l’argent va servir à acheter des tentes, c’est ce qui est annoncé, qui ne vont jamais rentrer à Gaza. La Métropole pourrait couper les liens financiers qui existent entre la France et Israël, ce qui pourrait pour le coup servir à quelque chose. »

Les sympathisants propalestiniens devant la pavillon de la transition à Rouen
Les sympathisants propalestiniens devant la pavillon de la transition à Rouen avant le Conseil Métropolitain du 29 septembre 2025

Pour les militants présents, la bonne action de la Métropole ressemble surtout à un coup d’épée dans l’eau, voire à de la communication. « Là, c’est de l’argent qui part de la Métropole vers Israël. Tout va être bloqué par les colons. Ils vont saccager les tentes comme absolument toute l’aide humanitaire qui n’est jamais rentée dans Gaza. »

Les flottilles en danger

Ce lundi en fin d’après-midi, ils sont une dizaine, devant les portes du Pavillon de la Transition, à interpeller gentiment les élus. Leurs intentions sont a priori pacifiques même si à l’intérieur du pavillon on se prépare au coup de force. « Nous ne sommes pas là pour mettre un élu à la flotte, ni rentrer en force, » poursuit ce militant local de l’association Thousand Madleens to Gaza, le mouvement qui a mis à l’eau une dizaine de navires pour tenter de briser le blocus.

« La flottille est composées de petits bateaux de pêcheurs, avec huit ou dix personnes maximum à bord. La député Alma Dufour est sur l’un bateaux, en route pour rejoindre deux autres flottilles parties du Maghreb, dont ceux de la flotte Soumoud », poursuit Polka. Les premiers bateaux cette flotte Soumoud composée de 44 navires doivent très prochainement arriver à Gaza. Les autres flottilles suivront. « C’est le plus gros convoi humanitaire jamais envoyé de cette manière-là, poursuit Polka. C’est une initiative citoyenne, avec des agents de l’Etat sur les bateaux, mais la France ne fait rien pour les protéger. Israël a prévenu, dans le meilleur des cas, ils vont envoyer ces gens dans leurs camps à eux. Dans le pire des cas, ils vont juste mourir. Ce n’est pas une blague. C’est déjà arrivé en 2010. Nous demandons donc aux élus de la Métropole de garder les yeux grands ouverts et de parler toujours et toujours de ce qui se passe en Palestine.»

Nicolas Mayer-Rossignol, maire de Rouen, président de la Métropole
Nicolas Mayer-Rossignol, maire de Rouen, président de la Métropole

Dans ce contexte, l’action, toute symbolique soit elle, de la Métropole aux profits des enfants de Gaza prends quand même tout son sens.

Elle a été votée lundi soir à l’unanimité. « L’UNICEF est une émanation des Nation Unies, a rappelé Nicolas Mayer-Rossignol après le vote. Cette organisation a du mal a accéder aux enfants. Si elles n’y, parvient pas, nous passerions par une autre association mais si nous avons choisi l’Unicef, c’est pour ne pas avoir à choisir. »

Valérie Pécresse, la présidente de la région Ile-de-France, connue pour ses phrases savoureuses, n’aurait pas dit mieux.

Patrick Auffret's avatar

Journaliste à Radio France Caen, Patrick Auffret a travaillé de nombreuses années à Publihebdos après un passage à Paris-Normandie tout en menant de front des activités de photographe de concert, notamment pour l'agence Dalle. Il a ensuite gravit tous les échelons jusqu'à devenir rédacteur chef au Courrier de Mantes, dans les Yvelines, puis de se lancer dans l'écriture. Son premier roman “Drugs party in the 80's”, sorti en 2024 a été réédité en 2026.