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Benjamin Biolay – Le disque bleu

Encore un double album pour Benjamin Biolay et, contre toutes attentes, il est superbe !

La pochette Disque bleu
La pochette du “Disque bleu” de Benjamin Biolay

En deux fois douze titres, le chanteur devenu populaire nous fait voyager. L’une des deux galettes de l’ opus s’appelle “Résidents”, la seconde “Visiteurs”. Commençons par celle-ci, le plus acoustique, avec beaucoup de piano. Laissons-nous bercer par ce très doux “Adieu Paris” empreints de nostalgie. Quelques mots en Espagnol en conclusion donne la clé : l’album a été enregistré entre Paris, Bruxelles, Buenos Aires et Rio de Janeiro. De la ballades en ritournelles, Benjamin Biolay s’imagine “Mauvais garçon” en faiseur de chanson. L’est-il vraiment ? On en doute ! Mais le voilà ׅ“Tout nu et tout mouillé” ! L’auteur semble dans chaque titre mettre un peu de lui-même, ce qui n’empêche pas la fantaisie. “Les trois amis” sorte l’auditeur de son écoute nonchalante. Plus rythmée, ce titre en forme de chemin de vie porte en lui le rêve d’un monde où l’amitié serait plus fort que tout et surtout résisterait à l’usage du temps. On pense souvent à Brassens dont la chanson “Les passantes” est reprise.

Place à la guitare

Le premier disque fait, a contrario, la part belle à la guitare. S’il reste mélancolique, c’est son style au Benjamin, il est aussi plus torride. Cela s’entend dès la chanson d’ouverture, “Le penseur”. Nathy Cabrera, déjà présente sur son album précédent, l’accompagne au chant dès le deuxième titre “15 octobre”. La guitare est mise en avant, mais reste langoureuse pour porter un texte en rapport avec des vacances en Italie il y a … 30 ans ! Comme il a également enregistré entre l’Europe et l’Amérique du Sud ce premier tome, Benjamin  Biolay ne pouvait esquiver la Tequila. C’est chose faite avec le Gaingsbourien “Morpheus Tequila”. Davantage orchestré avec notamment l’apport d’un ortuor et d’un quatuor de cordes, “Soleil profond”, sublime, donne de l’ampleur au projet. “Au ranch” est également très bon, notamment grâce aux changements de tonalité de la voix. Ce titre renvoie au meilleur de BB.

Un peu de politique

Le double-album n’oublie d’être politique, avec un brin d’humour à travers le coquinou et enlevé “Pauline partout, Justine nulle part” et surtout avec le morceau, comment dire, double titre “Résidents, visiteurs”, ode à la libre circulation de … ceux qui ont des visas. Tout ça pour finir avec “Trois grammes”, où il est cette fois question d’ivresse !

Usine à tubes

Visiblement, Benjamin Bilay a mis beaucoup de lui dans ce double-album, véritable usine à tubes. Tiens justement en voilà encore un, déjà validé et mis en images, “Juste avant de tomber”.

En conclusion de ce second opus et de ce double-album, une interrogation portée haut et forte avec Jeanne Cheral, ׅ“Où as-tu mis l’été ?”. La réponse tient dans ces vingt-quatre titres très inspirés : dans le bleu du ciel, un bleu beau à en pleurer.

D’autres clips : https://www.youtube.com/@benjaminbiolayofficiel/videos

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Patrick Auffret's avatar

Journaliste à Radio France Caen, Patrick Auffret a travaillé de nombreuses années à Publihebdos après un passage à Paris-Normandie tout en menant de front des activités de photographe de concert, notamment pour l'agence Dalle. Il a ensuite gravit tous les échelons jusqu'à devenir rédacteur chef au Courrier de Mantes, dans les Yvelines, puis de se lancer dans l'écriture. Son premier roman “Drugs party in the 80's”, sorti en 2024 a été réédité en 2026.