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Coup de chaud sur Saint-Malo

La canicule est annoncée pour la fin de semaine du côté de Saint-Malo. La Route du Rock pormet d’être chaude, très chaude. Attention néanmoins, parfois, dans le département d’Ille-et-Vilaine, cela tourne vite à l’orage. Avec la promesse de concerts mythiques. Retour en images sur quelques concerts pas banals mais aussi sur la vie dans l’écosystème de l’association Rock Tympans, entre plages, conférence, exposition, sport, promenade sur les remparts et bien sûr concerts extraordinaires. Pulp est la sensation de l’année 2025.

Pulp, pour les plus jeunes, c’est juste de la vapote à la Barbe à Papa ou à la cerise glacée et bien sûr toute une déclinaison de vapoteuses diverses et variées. Mais Pulp, pour toute la génération Brit-pop, c’est l’éternel challenger à Blur et à Oasis, le groupe d’un titre ultrafédérateur, « Common people ».

Pulp, le groupe d’un titre ultrafédérateur, « Common people »

Au total, le groupe a huit albums au compteur si l’on compte le dernier « More », tout juste sorti. Il a aussi un chanteur emblématique, Jarvis Cocker, seul membre historique de la formation.  La venue, pour la première fois, de Pulp à « La Route du Rock », pour une exclusivité française, est un événement en soi.

La Route passe par le Fort

La Route du Rock, c’est toute une histoire depuis … 1991. À cette époque, l’association rennaise Rock Tympans, forcément biberonnée aux Transmusicales de Rennes, réussit le pari fou d’investir le Fort-Père, un bâtiment construit sous Louis XVI et forcément un peu à l’abandon.

Soyons clairs, il y a alors tout à faire, tout est à réhabiliter en respectant des consignes de plus en plus strictes. Cela va prendre du temps mais le site accueille désormais de plus en plus de manifestations, dont le célèbre « No Logo Festival ». Cela permet aussi de réduire les coûts de production.

Psychodrames et abnégation

Au fil des années, bon an, mal an, l’association a vécu de nombreux psychodrames, de nombreuses dissensions internes. Finalement, François Floret, son actuel directeur, a su garder le cap d’un festival exigeant à la programmation remarquable, loin de ce qui se faisait alors du côté de Bourges ou même des Eurockéennes. Et ne parlons pas de Rock en Seine, le festival francilien n’existait pas encore lorsque La Route du Rock débuté.

Alors il en a fallu de l’abnégation pour maintenir une ligne de conduite intacte au fil des années avec un succès indéniable ! Blur, Garbage, The Cure, Portishead ont donné ici des concerts que l’on peut appeler mythiques, surtout lorsque les éléments se déchaînent dans l’enceinte du fort.

Dionysos sous le déluge

Ainsi, Blonde Redhead a dû stopper net sa prestation remarquable quand Dionysos jouait contre vents et marées sous le déluge !

The Brian Jonestown Massacre s’est produit plusieurs fois sans crise de nerfs d’Anton, ce qui est plutôt bon signe, The Jesus and Mary a donné une leçon de shoegaze, Savages est venu par deux fois mettre tout le monde d’accord, The Black Angels a donné un concert très psychédélique évidemment, Rachid Taha a été délocalisé à l’extérieur du fort avec PJ Harvey, The Cure, Blur et Portishead ont livré des prestations d’anthologie.

Des exemples comme ça, il y en a à foison car souvent, les groupes jouent ici au bon moment, lorsqu’ils sont au top de leur savoir-faire.  

Que de soucis !

Il a aussi fallu pactiser avec un agriculteur local pour qu’il ne déverse pas du fumier à proximité du camping, comme c’est arrivé ! Et disons-le, les trafics en tout genre qui avaient parfois tendance à transformer cette Route du Rock en route de la défonce. Sans parler des problèmes d’égos, bien présents de ce côté-ci de la Bretagne. 

Toute une époque a priori révolue.

Du cidre local

Reste la bière à réguler et le cidre, local, à déguster. Beaucoup y ont perdu leurs permis en prenant la seule route qui permet de s’extraire du site et surtout réussir à dormir un peu sous une tente plantée sur le camping du festival.

Ensuite, il n’y a plus qu’à profiter des concerts de la plage de Bon-Secours et des savoureuses galettes prises intra-muros, le site historique de Saint-Malo rejoint par des navettes gratuites désormais réglées comme du papier à musique. Il y aura aussi du sport le 15 août, une conférence sur les filles dans le rock le 16 août et même une exposition de Guillaume Fresneau, un musicien, graphiste et sérigraphe malouin à la Tour Bidouane, à quelques encablures de la plage.

Matthieu Pigasse pour le meilleur ?

Car si bien d’autres choses sont proposées, la musique reste l’argument principal de ce festival unique désormais accompagné dans son développement par le milliardaire Matthieu Pigasse.

Pour le meilleur, il faut l’espérer, avec, on l’espère, enfin la venue de New Order, groupe fétiche des organisateurs tant désiré, jamais programmé. En attendant, cette année 2025 s’annonce sous de bons auspices : la météo promet d’être radieuse !

Patrick Auffret's avatar

Journaliste à Radio France Caen, Patrick Auffret a travaillé de nombreuses années à Publihebdos après un passage à Paris-Normandie tout en menant de front des activités de photographe de concert, notamment pour l'agence Dalle. Il a ensuite gravit tous les échelons jusqu'à devenir rédacteur chef au Courrier de Mantes, dans les Yvelines, puis de se lancer dans l'écriture. Son premier roman “Drugs party in the 80's”, sorti en 2024 a été réédité en 2026.