Le nouveau film de Éric Toledano et Olivier Nakache, « Juste une illusion », va vraisemblablement faire un carton tant cette comédie touche aux illusions aujourd’hui perdues des boomeurs.

Rocquencourt, 1985. La banlieue, pas vraiment craignos, pas vraiment d’un grand standing. Ici, Louis Garrel, (Yves Dayant), et sa femme Camille Cottin (Sandrine Dayan) tentent plus ou moins bien d’éduquer leurs deux enfants dans une pas si joyeuse ambiance pluriconfessionnelle. Lui est pieds-noirs, elle française. Tous les deux ont des principes un peu trop rigoureux pour une progéniture obligée de se partager une chambre. Le grand, Arnaud, blouson de cuir « Dammed » sur les épaules y fait la loi mais quand le père s’en mêle, ça rigole moins.
Le plein de sensation
Cette France décrite avec une profonde empathie, c’est celle du Blanc Black Beur, partagée entre les premiers albums de The Cure et les illusions du Jean-Louis Aubert et l’après Téléphone. Et il y a aussi, comme le titre du film l’indique, le son du groupe Imagination. De la new-wave ou du funk. Du noir et du blanc et surtout du métissage. Un nouveau énorme succès en vue pour Éric Toledano et Olivier Nakache, le duo déjà derrière la caméra. Ils ont déjà à leur actif de très belles réussites : “Intouchable”, “Samba” ou encore “Le sens de la fête”. Cette fois, le film est largement autobiographique, avec plein de clichés des années 80. Les deux hommes ont partagé leurs expériences.
Rayonnante Camille Cottin
Signe des temps, le propos se fait très léger, très feelgood. Il est porté par une Camille Cottin, dont on apprécie particulièrement les très belles coiffures. Elle est tout en justesse en très séduisante exécutive woman. Son mari, Louis Garrel, méconnaissable, joue également à la perfection le personnage d’un père chômeur dépassé par son époque. Les enfant sont au coeur du film. Le plus jeune est en pleine crise existentielle et amoureuse.
Une comédie douce-amère
Son grand frère a lui trouvé le bon filon, à la débrouille. Il revends des cassettes des groupes gothiques de l’époque. Un business qui pourrait bien servir à son frère pour conquérir sa belle, en pleine crise elle aussi. Et que dire de Pierre Lottin, décidément bien loin des Tuche dans ce rôle de voisin au grand cœur. Mais un grand cœur, ils en ont tous un dans cette très belle comédie douce-amère, pleine d’émotions et d’éclats de rires.
En salles le 15 avril.
Note : 9 /10
Vous aimerez aussi : Ceux qui comptent
A voir aussi : Pillion


