Sébastien Lecornu a beau gesticuler, la cible reste Emmanuel Macron. Plus de 10 000 personnes ont demandé sa démission dans le calme, jeudi 18 septembre dernier, à Rouen.

Beaucoup de manifestants étaient déjà là le 10 septembre dernier mais cette fois, les syndicats avaient pris les choses en main pour mieux jouer au chat et à la souris avec les autorités dans une ambiance bon enfant et demander la démission du chef de l’Etat.
Et jeudi en fin de journée, aucun dégât ou presque n’était à déplorer. Même les grands panneaux de bois montés pour protéger les symboles de grand capitalisme, à savoir les banques principalement, ont été épargnés ! De fait, les CRS mobilisés pour l’occasion, n’ont pas eu à intervenir.
Les merguez pour FO
Dans le défilé, les tâches étaient partagées et Force Ouvrière avait réussi le tour de force de récupérer le stand merguez place de l’hôtel de ville ! Concrètement, la comptabilité était difficile à établir. Tous s’accordaient sur un point : le cortège avait gagné en intensité et la préfecture annonçait 6 000 participants, contre environ 2 000 la semaine dernière. La différence ne semblait pas si flagrante.
Le départ d’Emmanuel Macron
Les syndicats voyaient pour leur part les choses en grand : plus de 10 000 personnes ! Reconnaissables à leurs chasubles estampillés au nom de leur organisme, principalement le CGT, FO et la CFTDT mais pas que, les syndicalistes étaient pour leur part plus visible. Ils n’étaient pourtant pas les seuls à revendiquer, principalement le départ d’Emmanuel Macron, et à protester.
Les travailleurs sociaux en 1ere ligne
Installée devant la place l’hôtel de ville, l’association Emergence-s en avait gros sur la patate et tenait à le faire savoir. Cette association de 300 salariés implantée à Rouen et aux alentours gère notamment l’hébergement des personnes sans domicile fixe et dispose d’un pôle santé, d’un pôle justice et d’un pôle d’accompagnement social. « Nous nous occupons de la majorité des foyers pour SDF à Rouen, indique Marie, une salarié. Nous sommes en redressement judiciaire depuis le dépôt d’une cessation de paiement en avril dernier par notre direction et notre Conseil d’Administration. Emergence-s a une dette estimée à 6 millions d’euros. »
Un PSE prochainement ?
Pour payer cette dette, l’association a des solutions internes car l’association a du patrimoine. Le projet de la vente d’un site au-dessus de la gare SNCF est à l’étude, tout comme Plan de Sauvegarde de l’Emploi (P.S.E.) « Dans une entreprise qui travaille dans le social, on ne fait pas d’économie sur les boulons mais sur les travailleurs sociaux. »
Financés par l’Etat surtout, le Département, l’ARS (Agence Régionale de Santé), la Justice, les militants de l’association ont décidé de prolonger leur présence devant l’hôtel de ville car une autre association rouennaise, est justement passé ce jeudi 18 septembre au matin en redressement judicaire. Des actions pourraient être menées avec également d’autres associations rouennaises comme Le Carrefour des Solidarités.
La lutte continue
Une AG avec les étudiants du travail social est d’ores et déjà inscrite à l’agenda le 24 septembre prochain. « L’objectif, ce n’est pas qu’on crève, poursuit Marie, mais que l’on puisse faire notre travail dignement, que l’on puisse accompagner les gens les plus abimés d’une façon correcte. Macron, c’est aussi la politique sociale. Donc finalement : Démission Macron ! »































