La flamboyante Jehnny Beth, veste de survêt Adidas siglée Hostile et jupe plissée sur les fesses a logiquement triomphé lors de la dernière soirée des 40 ans des Inrocks. Six mois après avoir, par deux fois, enflammé la Maroquinerie, Jehnny Beth s’affirme bien comme l’étoile la plus brillante du post-punk français.
On a eu un peu peur tant les sons de Sonic Boom étaient léthargiques en ouverture de la dernière soirée, point final de trois jours de mise en valeur des artistes le plus souvent émergeants, même si la veille, la crème de la chanson française s’était retrouvée sur la scène du Centquatre, centre culturel implanté dans le Nord de Paris, à quelques encablures de la Colline du crack, une vraie « No-Go Zone » comme diraient, à raison, les américains.
Pas de soucis par contre à l’intérieur du vaste centre culturel spécialement aménagé pour l’occasion. Ce jeudi 12 mars, 1 200 personnes ont répondu à l’invitation pour profiter, entre-autres choses, des quelques transats disposés sous la grande halle.
Séduisante Soko
Rapidement, Soko et ses musiciens prennent le pouvoir en mode Girl Power. Leur musique est très attachante et fait plonger le public dans ses premiers émois adolescents. Souvenirs, souvenirs, Soko offre un beau moment de partage à son public, dont des titres très pop en anglais, ou parfois sussurés en français à la manière de Françoise Hardy, la timidité en moins. Six ans après leur dernier concert en France, Soko a encore de belles choses à dire. « More Woman On Stage » revendique le combo Pogo Car Trash Control. On y est c’est clair, ce n’était pas la peine de s’énerver comme ça.
Jehnny Beth bête de scène
D’autant que la star attendue de la soirée est une autre fille, même si elle chante « I’m The Man ». Le show construit autour de l’album, dur mais réussi, « You Heartbreaker, You » est désormais bien rodé et la jeune femme, véritable phénomène, le maitrise à la perfection. Jehnny Beth vient par exemple de le prouver lors de la dernière Route du Rock, à Saint-Malo, il y a une semaine.
Pompes et reprises
Dans le désordre : le set consiste à courir partout, à faire des pompes, à inviter une fan à venir en faire sur scène, et surtout, et c’est le nouveau sport à la mode, de se faire porter par le public ou pogoter dans la fosse, toujours au contact. Deux belles reprises, dont le fabuleux « Army of Me » de Björk mais aussi « In Heaven » de The David Lynch popularisé par The Pixies, finissent d’emballer le tout avec passion et fureur.
WU LYF a vraiment été excellent
Dommage, ce soir, le show a manqué d’un peu d’intensité du fait d’une fréquentation un bien en-dessous de la jauge espérée de 2 000 personnes, mais la soirée n’était pas finie pour autant. Le meilleur était-il pour la fin ? Peut-être tant on ne l’avait pas vue venir. Mais il faut le reconnaître, WU LYF a vraiment été excellent, lui aussi, au plus proche du public ou dans la fosse, avec son heavy pop rappelant parfois les lourds grooves hypnotiques de Queens Of The Stone Age ou de Pearl Jam. Tellement bon qu’on en a raté le dernier métro, alors il a fallu raser les murs, éviter les embrouilles pour finalement héler un taxi et débriefer, sains et saufs cette magnifique soirée d’anniversaire pour le magazine repris depuis 15 ans par le banquier d’affaires Mathieu Pigasse … Comme quoi musique et finances peuvent (parfois) faire bon ménage.
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