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Nicolas Mayer-Rossignol, un bilan en attendant …

Le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol, président de la Métropole, vient de finir sa tournée des réunions de quartier. Nous étions présents à celle du mercredi 11 décembre à la Halle aux Toiles. L’occasion d’écouter Nicolas-Mayer Rossignol faire le point à l’approche des prochaines élections municipales.

Nicolas-Mayer Rossignol en réunion publique à la Halle aux Toiles à Rouen.
Nicolas Mayer-Rossignol, à la Halle aux Toiles mercredi 11 décembre 2025

Au total, une dizaine de réunion a eu lieu en novembre et décembre, essentiellement pour faire le bilan de la mandature. Pour cet avant-dernier rendez-vous, une centaine de personnes a répondu présent.

Un meetin LFI

Dans le même temps, et cela s’entend dans la salle, à quelques dizaine de mètres de là, Mathilde Panot tient meeting sous une tente, bien remplie également, aux côtés de Maxime Da Silva, le candidat La France Insoumise à la mairie de Rouen et de Alba Dufour, l’une des députés de la circonscription. Pas de quoi déstabiliser Nicolas Mayer-Rossignol. « C’est la démocratie. Et vous ne m’entendrez pas, ni ce soir, ni plus tard, dire du mal de qui que ce soit. » Le contraire fut loin d’être vrai, mais c’est une autre histoire …

A quelques dizaines de mètres, Mathilde Panot, la cheffe des députés LFI, a fustiger à de nombreuses reprises l'action de Nicolas Mayer-Rossignol.
Mathilde Panot est restée de’hors mais n’a pas mâcher ses mots pour fustiger l’action du Parti Socilaiste et de Nicolas Mayer-Rossignol.

« Le but de ces réunions, c’est vraiment de pouvoir en échanger très simplement, très librement, affirme le premier édile. Il n’y a évidemment aucun sujet tabou. » Sur les chaises, un petit fascicule, déjà distribué dans les boites aux lettres, pointe 68 réalisations du mandat. C’est plutôt impressionnant. « Vous allez trouver à l’intérieur pas mal d’informations sur ce qui a déjà été fait, sur les réalisations. Il y en a qui sont très visibles. » Et au milieu du petit magazine format A5 tout à la gloire du maire, une carte bien remplie elle-aussi pointe toutes les réalisations.

L’argent de tous

Il y en a dans chaque quartier, le tout chiffres à l’appuie.  « Je commence à diffuser sur les réseaux sociaux des vidéos sur les finances pour bien expliquer, de façon transparente, la dette, les impôts, l’investissement, etc. Parce que c’est votre argent, l’argent du contribuable, donc c’est le bien commun aussi, celui de la communauté. C’est important de pouvoir bien expliquer comment on l’utilise, comment il est géré, qu’est-ce qui va, qu’est-ce qui ne va pas, quels sont les risques…» Il l’assure : tous ces chiffres sont publics et vérifiables

Le maire et son état de santé

Bien sûr c’est important. Car d’ici trois mois, les 15 et 22 mars 2026, le verdict, celui des urnes, tombera. Et si dehors Maxime Da Silva et son équipe sont déjà en ordre de marche, ce n’est pas le cas de Nicolas Mayer-Rossignol. Le maire s’en explique. « Je veux aussi être extrêmement transparent et clair, je n’ai pas encore pris ma décision sur mon éventuelle candidature pour des raisons de santé. Je n’ai pas de symptômes particuliers, et j’ai suivi un traitement toute l’année 2025. J’ai eu beaucoup de chance d’avoir notamment un centre hospitalier, universitaire, un CHU, et puis un centre Becquerel, très performant. Mais j’ai des analyses à finir en décembre. Tant que je n’ai pas les résultats, je ne prends pas de décision qui pourrait m’engager, engager mes proches, et engager d’une certaine façon la ville. »

Rouen et la Métropole

Reste que cette élection est bien dans la ligne de mire du maire de Rouen. A bientôt 50 ans, il peut encore briguer plusieurs mandats mais veut visiblement le faire en toute transparence sur ses capacités physiques réelles. « Ce dont je suis certain, là encore je le dis à chaque réunion, c’est que si je suis candidat demain, je le serais comme aujourd’hui, c’est-à-dire pour être maire et président de la Métropole Rouen-Nord. Car beaucoup de sujets qui vous concernent, y compris au quotidien, les camions poubelles, la voirie, l’urbanisme, ne dépendent plus de la ville, mais de la Métropole. Donc si vous n’avez pas les deux, on peut toujours faire semblant, mais en réalité on n’avance pas vraiment comme on pourrait vraiment avancer. »

Réouverture du pont Corneille

En gros, et on peut difficilement le contester vu le niveau des politiciens actuellement, c’est tout ou rien. « On a connu des périodes à Rouen où les deux, la ville et l’agglomération, ne s’entendaient pas, et c’était très compliqué … » Force est de constater qu’au petit jeu des transfert de compétence, la Métropole a largement pris sa part. Seules certaines choses restent dans les mains de la ville comme les écoles municipales. Mis à part un ou deux contre-exemples, tous les grands chantiers, et toutes les règles en matière urbaine, relèvent désormais de la Métropole. Sans rentrer dans le détail, un chiffre qui parle : le budget de la Métropole est de l’ordre du milliard, celui de la ville cinq fois moins ! A noter à propos de gros travaux, la réouverture du pont Corneille est prévue pour les toutes prochaines semaines, en janvier au plus tard …

Un maire président

D’où l’importance pour tout savoir d’avoir la main sur les dossiers et aussi accessoirement éviter les blocages et gagner du temps, d’avoir le maire de la ville centre également président de la Métropole.

C’est ici une vraie question de fond car avec ses 120 000 habitants “seulement”, Rouen ne représente que 20% de la Métropole. Une entité très grande de 72 communes, avec Rouen, et presque 510 000 habitants. Pour Nicolas Mayer-Rossignol, c’est simple, ne pas être maire président de la Métropole, revient à vouloir être « champion de ping-pong en entraînant une équipe de basket. » Si le maire de Rouen, quelqu’il soit, perdait la Métropole, cela reviendrait en quelque sorte à donner les clés de la ville à ses adversaires. Et chacun pourra allégrement se tirer dans les pattes, le plus souvent au détriment de la population.

Patrick Auffret's avatar

Journaliste à Radio France Caen, Patrick Auffret a travaillé de nombreuses années à Publihebdos après un passage à Paris-Normandie tout en menant de front des activités de photographe de concert, notamment pour l'agence Dalle. Il a ensuite gravit tous les échelons jusqu'à devenir rédacteur chef au Courrier de Mantes, dans les Yvelines, puis de se lancer dans l'écriture. Son premier roman “Drugs party in the 80's”, sorti en 2024 a été réédité en 2026.