Film envoûtant, « Silent friend » colle le spectateur à son fauteuil durant deux heures et demie. Un seul lieu, le jardin botanique d’une université allemande, un arbre centenaire, un ginkgo biloba, et trois espaces temporels, « Silent friend » est une merveille cinématographique.

C’est partie pour des ellipses sensorielles à travers le XXe siècle. A chaque période ses spécificités, à chaque période ses luttes. Ainsi, en 1908, le spectateur suit Grete. La jeune femme s’affirme féministe avant l’heure pour exister dans un monde très misogyne. Dans les années 70, un jeune allemand, Hannes va tomber amoureux d’une fille qui ne jure que par les plantes et aujourd’hui un vieil arbre parle avec Tony, un chercheur connecté à la nature.
Trois périodes
Ainsi, le décor reste le même, un ginkgo biloba dans le jardin d’une université allemande, mais les occupants changent au rythme du temps qui passe. On passe ainsi du noir et blanc à la couleur, ce qui permet de s’y retrouver facilement. La réalisatrice hongroise Ildikó Enyedi utilise le 35mm noir et blanc dans les années 1900, le 16 mm pour les années 70 et le numérique pour les scènes contemporaines, scènes dans lesquelles rayonnent la beauté de Léa Seydoux.
Regarder pousser les plantes
Difficile d’approche, le film vogue et divague au rythme de la pousse des plantes. Chacun à sa manière tente alors en effet de percer le secret de la reproduction à travers des expériences innovantes.
Léa Seydoux rayonnante
Côté distribution, le casting international est parfaitement incarné par l’acteur chinois Tony Leung et par la française Léa Seydoux. Egalement à l’affiche, la Suissesse Luna Sofia Wedler, primée au festival de Venise par le prix Marcello Mastroianni du meilleur jeune espoir, ou encore par l’Allemand Martin Wuttke. Le film, signé par la réalisatrice hongroise Ildiko Enyedi, s’appuie aussi sur les silences de la nature et est soutenu par une époustouflante bande sonore.
La musique de Blixa Bargeld
On reconnait ainsi dans la séance finale la musique post industrielle de Blixa Bargeld, (le chanteur du groupe Einstürzende Neubauten) : le majestueux Ein Gleiches (Goethe Interpretation). Dommage, Björk est absente de ce petit chef d’œuvre de quiétude magnifique. Sa musique trouverai ici tout sa place.
Jamais la beauté végétale mais aussi le processus de la création n’avait été filmé avec tant de splendeur. Un film magnifique forcément contemplatif sans être ennuyeux, pour peu que l’on se laisse prendre au jeu de celui qui regarde pousser une plante.
Note : 9/10
A voir aussi : The drama
A voir aussi : Ceux qui comptent


