Chanteur culte de l’un des premiers groupes punk d’ici, Asphalt Jungle, Patrick Eudeline est finalement devenu un journaliste talentueux, à l’écriture fine et ciselée. Également auteur de nombreux ouvrages, celui qui est de fait devenu un écrivain respecté a sorti l’an passé une autobiographie passionnante, « Perdu pour la France », sur ses années lycée à Stanislas à Paris mais aussi sur ses frasques avec les figures les plus connues du rock’n’roll.

Désormais sans le sou, ou si peu, ce fils d’artisan-peintre vit toujours de sa plume. Il a trouvé domicile depuis plusieurs à Aubervilliers, au sein de l’une des cités les plus décriées de France. Quand on le retrouve au 6eme d’un appartement, le bruit et l‘odeur de Jacques Chirac ne sont jamais bien loin. Lui assume un statut d’éternel homme de droite. Son livre, « Perdu pour la France », est une lecture quasi obligatoire pour qui aime le Paris interlope des musiciens de génie et des groupies hystériques. Des personnages haut en couleurs, des drogués, des toxicos, on en croise à longueur de pages, alors que l’héroïne coule à flot.

La dope, Patrick Eudeline en connait en rayon. Le brown sugar, la blanche, il a tout essayé avec ses amis d’alors. Beaucoup y sont restés, lui a survécu. Son livre est aussi une petite leçon de choses sur l’histoire de l’une des drogues les plus mortelles du XXe siécle, l’héroïne, blanche puis marron.
Le brown sugar a démocratisé l’héroïne, à tel point que des stars comme Mick Jagger dans les années 1960 n’hésitent pas à vanter ses mérites dans certaines des chansons des Rolling Stones, dont la très subversives « Brown sugar », dans l’album non moins subversif « Sticky Fingers » (ndr : celui avec la braguette).
Le livre ne se limite pas heureusement aux dérives toxicologiques de ses héros. Patrick Eudeline, pour les avoir connus de près, peut se permettre d’en dresser des portraits passionnants en remettant chacun à sa vraie place, en enlevant le vernis des pages people des journaux en papier glacé.
Parmi les amis de Patrick Eudeline, il y a une chanteuse juive, Siouxsie, répérée seins nus avec une croix gammées au bras. Patrick lui sauvera la mise.
A cette époque, en 1976, la scène punk est effervescente. Paris en ébullition. Toute une scène veut à son tour profiter du raz-de-marée punk dans la mouvance des Sex Pistols. Une boîte de nuit se créé au cœur du bois de Boulogne : Le Chalet du lac.
Punk attitude
De fils en aiguilles, Patrick Eudeline se prend au jeu de la punk attitude. Il le raconte avec passion dans son dernier livre.

Problème quand même, de nombreux protagonistes sont morts. Lui-même est entré dans un mode de vie quasi mystique.
Et maintenant ? Et bien Patrick prépare son prochain livre sur son …téléphone portable et continue de fumer, envers et contre tout.
Par pudeur, on ne vous dira rien ici des véritables aventures sentimentales de Patrick Eudeline. Le livre en est truffées. Il parle de même de sa rencontre dans un lit avec Catherine Ringer ! Qui l’eut cru !

Toutes les infos sur le livre de Patrick Eudeline « Perdu pour la France » sur le site des éditions Séguier


