×

Bukaroo Banzaï, toutes basses dehors

VIDEO. Le quatuor Bukaroo Banzaï a livré une prestation impeccable vendredi 7 novembre 2025 dans le cadre du festival Rock En Seven à Évreux. Rencontre avec une formation inspirée.

Buckaroo Banzaï,en concert au Seven vendredi 7 novembre 2025
Buckaroo Banzaï, live au Seven vendredi 7 novembre 2025

Bukaroo Banzaï, ça faisait un bout de temps qu’on en entendait parler. Une formation atypique, un duo composé d’un bassiste, Laury Robin, et d’un batteur, Alex Baudry. Autant dire que l’occasion était trop belle de le voir en live, ce vendredi 7 novembre, au Seven justement, à quelques encablures des cinémas et du Manège, le nouvel axe culturel indépendant de la ville d’Évreux, dans l’Eure.

Chouette soirée au 7
Chouette soirée au 7

Bukaroo Banzaï, c’est quoi ?

Le groupe est en fait très prolifique et a déjà plusieurs EP à son actif mais pas vraiment d’album mis à part une compilation de deux EP, excellente, intitulée The Rise Of Allan Quatermain. « Nous avons effectivement un cd à disposition qui compile nos deux premiers EP c’est bien, confirme Laury. Et pour ceux qui nous cherchent sur les plateformes il faut leur dire que c’est un petit tréma sur banzai sinon ils vont tomber sur un homonyme qui n’est pas nous, c’est important. »

A quatre, c’est mieux

Donc de ses débuts basse-batterie, le groupe s’est ensuite développé avec l’arrivée non pas d’une guitare, comme cela pourrait être attendu, mais bien avec une seconde basse. « Ouais c’est un peu spécial, confirme Ludo, le nouveau bassiste. Moi je suis arrivé, en troisième, en deuxième bassiste. On a tourné comme ça pendant plusieurs années et après on a eu un chanteur guitariste, Titouan. Il nous a rejoint pendant un an et demi puis, pour le quatrième EP, il est parti. Matthias au clavier et au chant nous a rejoint il y a un an et demi. »

Beaucoup de concerts mais peu de lieux

Pour résumer le groupe s’est fondé en 2017 mais ne s’est stabilisé dans sa formation que depuis 2023.  De nombreux concerts ont déjà eu lieu mais cela reste « compliqué pour tout le monde de jouer donc là on essaye d’avoir une vie un peu numérique pour l’instant. On fait la distribution par plateforme donc on est disponible sur toutes les plateformes. » « Il n’y a pas de lieux. Donc  il y a de moins en moins de dates et il y a de plus en plus de bons groupes ce qui est plutôt une bonne nouvelle. Avant des bars qui faisaient des concerts il y en avait plein, il y en avait tous les week-ends. Maintenant c’est quand même moins le cas donc voilà on essaye de vivre numériquement donc on est sur les plateformes. »

Pas intermittents du spectacle

En huit ans d’existence, le groupe a bénéficié de nombreux soutiens des salles institutionnelles dans la région. Elles doivent bien remplir leur cahier des charges mais comme les quatre de Bukaroo Banzaï n’ont pas la volonté de devenir intermittents du spectacle, les portes se ferment vite. « Ce n’est pas l’objectif, on a tous un boulot à côté. Nous, ce qu’on veut, c’est avoir des EP diffusés au maximum. C’est vraiment la diffusion de la musique qui nous intéresse. Et après, trouver de bonnes dates. »

Enfants du post-punk

Pourtant musicalement parlant, le quatuor pourrait en remontrer à bien d’autres, dans une mouvance aussi un peu désuète mais a contrario adulée des enfants du post punk et de Joy Division. De la new-wave des années 80 au revival rock des années 2000, Bukaroo Banzaï a tout digéré, toute la beauté des sonorités bruitistes. « C’est surtout de la noise instrumentale, au départ un peu post-rock, avec deux basses. Carl Hogan avait bien marqué son époque dans ce genre, mais sans chant, il n’y en a pas beaucoup qui font ça, je n’en connais pas. Mathias et les machines, ça semble un bon compromis parce qu’on ne voulait pas retomber sur une formation guitare basse batterie. Ça marche bien et du coup le clavier, ça a amené aussi l’idée de faire un truc avec une sonorité plus new-wave, cold-wave et donc mélanger le post-rock que l’on faisait avec des sonorités new-wave. C’est ce qu’on essaie de faire en ce moment.»

Pari réussi ce vendredi au Seven. Le groupe a su retenir le public malgré un horaire difficile, en ouverture d’un festival. Pas dit que l’an prochain ce ne soit pas eu l’une des têtes d’affiche de cette manifestation originale dédiée au rock ébroïcien.

Bandcamp : https://buckaroobanzai1.bandcamp.com/

Patrick Auffret's avatar

Journaliste à Radio France Caen, Patrick Auffret a travaillé de nombreuses années à Publihebdos après un passage à Paris-Normandie tout en menant de front des activités de photographe de concert, notamment pour l'agence Dalle. Il a ensuite gravit tous les échelons jusqu'à devenir rédacteur chef au Courrier de Mantes, dans les Yvelines, puis de se lancer dans l'écriture. Son premier roman “Drugs party in the 80's”, sorti en 2024 a été réédité en 2026.