Le second film de Meryem Benm’Barek, « Derrière les palmiers », est un véritable conte cruel de la jeunesse. Il mets en scène un triangle amoureux tiraillé en modernité et tradition.

Jeune marocain, Mehdi est à un tournant de sa vie, celui du passage à l’âge adulte. D’un côté, il subit le poids des traditions familiales, de l’autre porte en lui une véritable envie d’émancipation. Ainsi, son père le verrait bien reprendre l’entreprise familiale sur les chantiers. Autant dire que son avenir semble écrit d’autant qu’une fille du quartier, Selma, succombe à son charme. Tout irait finalement pour le mieux sous le soleil de Tanger si Marie, une jolie française, ne venait perturber ses plans.
Un triangle amoureux entre tradition et modernté
Dès lors, un classique triangle amoureux se met en place car évidemment, Mehdi va, à l’occasion d’un chantier de rénovation, aussi tomber sous le charme de Marie dont il envie le mode de vie, entre la France et le Maroc, et va devoir jouer fin pour assumer ses deux relations, toxiques chacune à leur manière. Plein de doutes et de contradictions, Mehdi est la pierre angulaire du film.
De confidences en trahisons
Le trio d’acteur Sara Giraudeau, Driss Ramdi et Nadia Kounda est parfait. Et Carole Bouquet est elle aussi très bien dans le rôle de la mère de famille, bourgeoise élégante responsable des cordons de la bourse.
Tout ce petit monde évolue presque à huis clôt, de confidences en trahisons, et brosse un beau portrait du Maroc d’aujourd’hui, un Maroc encore sous le coup de l’emprise française.
Regard impudique
La réalisatrice marocaine Meryem Benm’Barek réalise, pour son deuxième long-métrage, un film sur les transfuges de classe et montre à travers le personnage de Mehdi combien le poids des traditions reste lourd malgré les envies d’émancipation d’une jeunesse avide de vivre « à l’occidentale ». On l’aura compris, pas de plage derrière ces palmiers mais une population jugulée par la religion alors que les anciens colonisateurs ont toujours dans les mains l’avantage du pouvoir de l’argent. Tout cela finira forcément par un drame. Au final, en plaçant l’amour au cœur des forces sociales, culturelles et historiques, Meryem Benm’Barek réalise un bon film, entre drame social qui se laisse voir d’une manière impudique.
Note : 7/10
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