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Fête de l’Humanité 2025. L’année de tous les records

La Fête de l’Humanité, un temps menacée, a finalement battu des records entre le 12 et le 14 septembre dernier sur l’ancienne base 217, à Bretigny-sur-Orge.

La foule des grands soirs.
La foule des grands soirs. pour le concert de Patti Smith.

La Fête de l’Humanité a battu des records de fréquentation avec 610 000 personnes en trois jours dans le sud de Paris, à Brétigny-sur-Orge, du 12 au 14 septembre dernier. Pour les participants implantés sur le site, pas de soucis, tout s’est bien passé mais pour les autres, arriver sur la base 217 relevait en soi de l’exploit si tout n’avait pas été méticuleusement géré en amont.

On a roulé

Avec Ann Pierce, nous avions pris nos précautions en réservant un hôtel censé être à proximité, en fait à proximité de Corbeil-Essonnes. Disons-le de suite, ce n’est pas la porte d’à côté. Alors on a roulé, roulé, et pas des joints.

Pas de parking, gendarmes partout

Pourtant, mis à part la programmation et l’état du monde, rien n’a vraiment changé depuis notre dernier passage ( on se rappelle bien de l’évacuation générale après le concert d’Angèle). Sauf que cette année, on arrive à rien. Pas de parking, pas le bon pass, pas le bon sens de circulation. Alors on a tourné, tourné, tourné (bonjour le bilan carbone) et on a bien fait de ne pas nous garer n’importe où. Les forces de l’ordre aussi étaient partout pour gérer les flux incessants. Dehors mais aussi à l’intérieur où de véritables milices, toutes de noirs vétues, assuraient la sécurité de tous.

Les discours de Mélenchon

Les gendarmes ont dégagé tous les véhicules garées sur des emplacement non matérialisées. Et comme il n’y avait pas d’emplacement matérialisé, ça a été vite réglé ! Et ça n’a pas fait rire tout le monde mais bon on a fini arriver pile-poil pour le discours de Melenchon … mais trop tard pour être accrédité.

Trop de monde, trop de propositions, trop d’émotions.

Alors tant pis pour les concerts, on est parti à l’aventure dans les travées avec pour objectif le set que l’on imaginait torride de Kompromat. On a en fait pas vu grand-chose d’autres. Trop de monde, trop de propositions, trop d’émotions.

Ascendant Kompromat

Mais le concert de Kompromat fut, alors là,  comme dirait Miou-Miou dans « Les Valseuses », alors là … Rebeka Warrior, ultime égérie queer et lesbienne, a marché sur la foule, appelé à voter Philippe Poutou … Bref, Kompromat, ce fut super, révolutionnaire presque. La scène a ensuite changé de nom et Ascendant Vierge a régalé.

Bon on a zappé plein de concerts excitants, trop de trucs à voir mais on a préservé l’essentiel et particulièrement bien mangé entre deux stands saturés de monde. Ici, on rigole pas avec la nourriture, avec l’alcool non plus d’ailleurs. Et l’on réclame la légalisation du cannabis !

Retour à l’hôtel, de nouveau la galère.

On se réveille Villeneuve-Saint-Georges, charmant petit bled à hauteur de RER. On pensait avoir fait le plus dur en matière de logistique mais là, grosse galère, Ann a oublié ses chargeurs et les batteries sont vides. Pas question d’y retourner sans appareils photos. Et c’est pas mon Samsung A12 tout pourri qui va faire le taf.

La tournée des centres commerciaux

Il faut en racheter ou retourner les chercher, 4 heures de route au bas mot. Je m’oppose, elle m’impose la tournée des centres commerciaux. Et on file au festival. Même galère que la veille. On passe devant les immenses bases logistiques d’Amazone ou de Carrefour et comme on est tout autant désorganisé, on galère de ouf. L’objectif est fixé à 21 h 30, pour le concert de Patti Smith. Contre toute attente, il sera encore une fois difficile à atteindre. On se pose au stand de l’Eure, situé juste à l’entrée. La bonne bouffe, les communistes en connaissent un rayon et on rencontre la nouvelle secrétaire départementale, Amandine Liard.

Patti Smith have the power

C’est déjà l’heure d’aller voir Patti Smith. Accompagné par son fils à la guitare, elle se livre comme jamais et joue ses plus grands succès, à commencer par ”People have the power” en ouverture. On aimerait bien des fois.

Des étoiles dans les yeux

Sans doute sous le choc de ces deux heures de concerts, on peine de retrouver la route mais au matin, on découvre un jolie village de bord avec un immense marché. C’est déjà l’heure de repartir, on veut rentrer tôt pour éviter les embouteillages. On quitte l’hôtel des étoiles dans les yeux et on passe une dernière fois dans le grand village de l’Humanité.

La fête était belle

Dieu que cette fête était belle, au moins autant que la Marianne de Michel Delpech.

Le fête de l’Humanité se décline aussi en province. Elle aura lieu les 15 et 16 novembre prochain à Rouen, en Normandie.

Patrick Auffret's avatar

Journaliste à Radio France Caen, Patrick Auffret a travaillé de nombreuses années à Publihebdos après un passage à Paris-Normandie tout en menant de front des activités de photographe de concert, notamment pour l'agence Dalle. Il a ensuite gravit tous les échelons jusqu'à devenir rédacteur chef au Courrier de Mantes, dans les Yvelines, puis de se lancer dans l'écriture. Son premier roman “Drugs party in the 80's”, sorti en 2024 a été réédité en 2026.