Benjamin Biolay était en tournée acoustique à Saint-Etienne-du-Rouvray jeudi 27 mars dernier pour promouvoir son double album « Le Disque Bleu ».

Avant d’attaquer les grosses scènes en électrique, Benjamin Biolay se livre pour encore quelques dates avec cinq musiciens dans des lieux plus feutrés à l’acoustique impériale. Un cahier des charges parfaitement rempli par le centre culturel Le Rive Gauche, à Saint-Etienne-du-Rouvray, en périphérie de Rouen. Le show est déjà bien rôdé et cette tournée poursuit pour quelques dates encore avec un succès évident sans cesse renouvelé avant de changer de format.
Superbe décor
Benjamin Biolay a conçu les choses avec classe. Il a reconstitué un salon dans lequel il évolue de chansons en chansons. Le décor est superbe et cinq musiciens l’accompagnent Benjamin Biolay. Ils sont les premiers scène, bientôt suivi par Benjamin Biolay au son du « Moonlight Serenade » du Glenn Miller Orchestra.
Le chanteur, peu loquace, lunettes noires sur le nez, œillet à la boutonnière de sa veste, fait le job sans en rajouter. Ses chansons parlent pour lui, quelques reprises bien senties aussi comme ce « Jardin d’hiver », écrit à l’époque en duo avec Keren Ann pour Henry Salvador. Il y aura aussi « Couleur café » de Serge Gainsbourg et « Les passantes » de Georges Brassens. Régulièrement assis dans un fauteuil vintage, souvent avec une guitare en main, parfois au mellotron ou même au trombone, (instrument avec lequel il a appris la musique), il est ici au plus près du public.µ Ce dernier est assis à l’orchestre, ou debout au balcon, comme au théâtre.
Cinq musiciens
Mais même si la tournée est acoustique, cinq musiciens sont là pour accompagner musicalement le chanteur. La setlist est attrayante, mélange d’anciens succès et de nouveaux titres. Le résultat est majestueux pour les yeux comme pour les oreilles. Moment fort lorsqu’il joue « Les cerf-volant », le titre qui lui a ouvert les portes du succès. Mention spéciale à la violoniste pour de beaux moments suspendus.
Le poing levé
Benjamin est maintenant sûr de lui, lève souvent le poing comme si chaque chanson était une nouvelle victoire, se montre toujours taiseux et respectueux mais lâche parfois quelques mots entre deux chansons. Petite frustration quand même, on est presque au théâtre, coincé sur son siège sans pouvoir en bouger sans déranger le bon déroulement du spectacle.

Le public, sage et heureux, attendra la fin et quelques grands succès pour se lever sans autant envahir la scène, juste les escaliers. Il réserve alors à Benjamin Biolay l’ovation méritée et attendue. Lui a enlevé le costume. Il finit avec « Comment est ta peine ? » en tee-shirt siglé au nom du groupe « La femme ». Après une derrière chorégraphie aux allures d’un au revoir entre les musiciens, celui repart comme il est arrivé, son saxophone sous le bras cette fois, dans un théâtre d’ombre. Bravo l’artiste.
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