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Blanche Gardin est une incroyable femme des neiges

Vu en avant-première à l’Omnia, Rouen, « L’incroyable femme des neiges » est un petit écrin burlesque pour Blanche Gardin et Philippe Katerine. A défaut de les avoir, la direction de l’Omnia a invité Sébastien Betbeder, le metteur en scène. Il est venu avec un … incroyable homme des neiges.

L'affiche du film

Tout est parti d’une rencontre entre Sébastien Betbeder et Nicolas Dubreuil, un guide explorateur spécialiste des milieux polaires. Ce dernier a proposé à Sébastien Betbeder de filmer la venue en France de deux habitants du Groenland. « J’ai fait venir en France deux chasseurs d’ours qui n’avaient jamais leur habitat, au fin du Groenland. Là-bas, un bateau ravitailleur passe tous les 6 mois et c’est tout. »

Nicolas Dubreuil vit au Groenland. Il est venu à Rouen !
Nicolas Dubreuil vit au Groenland. Il est venu à Rouen !

Le mode de vie on le comprend très vite est totalement différent de celui appliqué dans les civilisations occidentales. Ils avaient trois rêves : « voir des arbres, car là-bas tout est minéral, avec des champignons plus gros que les arbres, on veut se baigner dans la mer, car chez eux l’eau est à -2° en permanence et on veut voir des animaux. » Très vite Nicolas Dubreuil se montre pourtant réticent. Le syndrome « Un indien dans la ville » lui fait peur mais Sébastien Betbeder parvient à la convaincre en lui assurant vouloir faire non pas « un film sur eux, mais un film avec eux ».

Sur la scène de l'Omnia à Rouen
Le réalisateur, Nicolas Dubreuil et Jean-Marc Fernandez, le programmateur de l’Omnia.

Des champignons plus gros que les arbres

De cette rencontre sort un court métrage, “Inupiluk”. Et dans la foulée une invitation à venir au Groenland pour y tourner intégralement un long-métrage. Du jamais vu sur la banquise !

8 ans plus tard, un sujet s’impose, « La fin de vie » et la machine se mets en branle. Blanche Gardin et Philippe Katerine acceptent de se joindre à l’aventure malgré des conditions de tournage très difficile. « J’ai tourné, ou fait tourner, beaucoup de documentaires au Groenland, rappelle Nicolas Dubreuil. C’est très facile à faire et à monter. Filmer l’humain, ce n’est pas la même limonade, c’est très complexe ! Au Groenland, la fin de vie n’a rien de tabou, c’est très naturel.»

Sans Blanche Gardin, pas de film

Une histoire tendre et drôle sur la fin de vie
Une histoire tendre et drôle sur la fin de vie.

Le film a été tourné dans des conditions très difficiles dans l’un des plus gros villages du Groenland, mais dans lequel il n’y  a rien. Faire venir 16 personnes été déjà une gageure. Alors avec Blanche Gardin et Philippe Katerine, on pouvait s’attendre au pire. « Sans Blanche Gardin, il n’y aurait pas eu de film, rassure Sébastien Betbeder. J’avais besoin de tourner avec des gens donc je me sentais extrêmement proche. Je ne la connaissais pas mais ce que je voyais dans ses stand-up ou sa série que tout une partie d’elle appelait à ce genre de rôle. Après, nous croyons tous les deux à la comédie pour dire des choses essentielles. Elle est venue avec son univers dans le mien.»

Après un voyage au cours duquel il fallait prendre cinq avions différents, tout s’est avéré compliqué, ce d’autant que la banquise fond, sans que cela n’ébranle les villageois. L’équipe se prend une vague de froid, ce qui complique encore davantage le tournage. Il fallu se montrer sincère pour réussir en terre inconnue. Et les trois acteurs joue le jeu avec brio. « Les comédiens ont été exceptionnels et ne se sont jamais plaints. Les difficultés nous ont soudées durant le tournage. Nous avions tous l’impression d’être là pour de bonnes raisons mais c’est vrai Blanche Gardin a beaucoup pleuré. »

Hervé Aguilard, ,le directeur de l'Omnia présente Nicolas Dubreuil et Sébastien Betbeder
Hervé Aguilard, ,le directeur de l’Omnia présente Nicolas Dubreuil et Sébastien Betbeder

Le résultat est un film profondément humain, sur la condition humaine justement, dans un décor surréaliste, porté par trois comédiens touchés par la grâce, Philippe Katerine, lunaire, et Blanche Gardin, en lévitation en incroyable femme des neiges et Bastien Bouillon. « J’avais le volonté de faire un film sur la mort qui soit lumineux, » conclu Sébastien Betbeder. Mission réussie pour « L’incroyable femme des neiges ».

Le site de l’Omnia

Patrick Auffret's avatar

Journaliste à Radio France Caen, Patrick Auffret a travaillé de nombreuses années à Publihebdos après un passage à Paris-Normandie tout en menant de front des activités de photographe de concert, notamment pour l'agence Dalle. Il a ensuite gravit tous les échelons jusqu'à devenir rédacteur chef au Courrier de Mantes, dans les Yvelines, puis de se lancer dans l'écriture. Son premier roman “Drugs party in the 80's”, sorti en 2024 a été réédité en 2026.