Avec « The Neon People », documentaire habité, Jean-Baptiste Thoret montre l’envers du décor d’un Las Vegas loin d’être fantasmé.

Las Vegas, mégalopole du jeux et de la démesure a ses homeless à son image. Laissés pour compte de l’Amérique triomphante, ils vivent dans les tunnels insalubres du quartier historique de la ville. Le quartier Nord de Las Vegas, est le lieu du tournage, celui où dans les tournages des années 50, Frank Sinatra et Dean Martin, par exemple, étaient à leur apogée. Là, un véritable réseau d’évacuations des eaux a été recyclé en un gigantesque loft obscur et tortueux de 1 m 20 de haut. Ici, personne ne vient, sauf ceux qui y habitent.
Une lumière émerge
De cette obscurité déjà plusieurs fois montrées dans des reportages, Jean-Baptiste Thoret a fait émergé une lumière, celle de tous ces témoignages attachant rencontrés au fil des jours, en marge du Strip, la grande avenue de Las Vegas, sur laquelle défile toujours et de plus en plus toutes les exubérances de l’Amérique Trumpistes.
Le documentaire ici proposé se fait à hauteur d’hommes, ou plutôt de femme, puisque l’héroïne principale, Brandy, tient le spectateur en haleine à travers les tunnels et ses confessions. On le sent, l’auteur a pris le temps d’appréhender ces héros d’un quotidien de laissés pour compte pour en tirer des confidences intimes. Tous semblent partager une même envie : quitter cet endroit maudit au fond duquel ils survivent plus qu’ils ne vivent. L’Amérique n’aime pas les looser, on le comprend bien, et eux aussi l’ont bien compris, à leurs dépens.
La vie en cinémascope
Filmé en cinémascope, ce documentaire présenté avec succès au dernier festival de Deauville devrait passionner tous ceux qui s’intéresse à l’envers du décor. L’idée du documentaire est justement de mettre en lumière ces sans abris, le plus souvent malades et dépourvus de tout (il n’y a pas de sécurité sociale aux U.S.A). Ils souvent également dans un état physique déplorable. « L’avenir est incertain mais la fin toujours proche », disait Jim Morrison.

« Las Vegas, c’est une version radicale, voire hardcore de nos sociétés de consommation, relativise le réalisateur Jean-Baptiste Thoret. En filmant là-bas, j’ai eu l’impression de contempler notre futur. »
Un avenir aux allures de film catastrophe !


